30 avril 2009

Impacts

S’il n’est pas freiné, le réchauffement de la planète aura des impacts irréversibles sur les écosystèmes et les communautés humaines. Selon les scientifiques du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat(1) de l’ONU, on peut redouter :

La recrudescence des phénomènes météorologiques extrêmes :
L’étude parue dans la revue Nature(2) sur la canicule européenne de l’été 2003 a conclu qu’elle portait la marque du réchauffement climatique global créé par l’Homme.

Evolution de la température moyenne en été en France de 1860 à 2100

evolution-temperature.jpeg

A mesure que le climat se réchauffe, canicules, sécheresses, inondations et tempêtes devraient augmenter en intensité et en fréquence(3).


Outre leur coût humain dramatique (déplacements forcés de populations, épidémies…), ces phénomènes impliquent des pertes agricoles et économiques importantes, notamment pour les pays du Sud.

elevation-niveau-mer.jpg

Les changements climatiques ont un impact sur l’élévation du niveau des mers et pourraient pousser à l’exode jusqu’à 150 millions de personnes d’ici à 2050.

L’élévation du niveau des mers :
Le niveau des mers s’est déjà élevé de 12 cm en moyenne depuis 1880. 5 cm de cette augmentation sont dus à la dilatation thermique des océans ; les autres 7 cm sont directement dus à la fonte des glaciers de montagne et arctiques.
La moitié de la population mondiale vit sur les littoraux. Selon le GIEC, le niveau des mers pourrait augmenter de 14 à 80 cm en moyenne d’ici la fin du siècle, entraînant la perte de terres cultivables. Les impacts des changements climatiques pourraient pousser à l’exode jusqu’à 150 millions de personnes d’ici à 2050(4).
Plus d'info: Alofu Tuvalu: http://www.alofatuvalu.tv/

merdeglace-1916-2001.png

La Mer de Glace à Chamonix, en 1916 (haut) et en 2001 (bas).

La fonte des glaciers arctiques et de montagne :
Les glaciologues évaluent à 20% la perte probable d’épaisseur de la banquise du pôle Nord entre 1950 et 2010; et à 50% en 2050(5). Une étude de chercheurs de l’Université de Bristol(6) prévoit d’ici à la fin du siècle, la disparition totale de la banquise en Arctique pendant les mois d’été , menace confirmée en décembre 2004, par le Rapport d’Evaluation des Impacts sur le Climat Arctique(7), commandité par le Conseil de l’Arctique. Ce rapport confirme le réchauffement 2 à 4 fois plus rapide des régions arctiques par rapport au reste du monde. C’est tout l’écosystème du Pôle Nord qui est menacé et en particulier les ours polaires. Les communautés inuites doivent dès à présent faire face au grignotage des côtes dû à la montée des eaux et à la fonte du permafrost et certaines doivent déjà déplacer leurs villages.

Les glaciers de montagne constituent un indicateur clé des impacts précoces du réchauffement global. En Europe, entre 1850 et 1980, les glaciers alpins ont perdu un tiers de leur surface et la moitié de leur masse(8). Depuis 1980, encore 20 à 30 % de la glace restante a disparu, l'été caniculaire de 2003 comptant pour 10 % des pertes à lui seul. Les prévisions sont alarmantes : si la tendance au réchauffement se poursuit, 95 % des glaciers alpins et la totalité des glaciers pyrénéens pourraient disparaître au cours des cent prochaines années.

L’expansion des maladies :
Le climat devenant plus propice au développement des insectes, les maladies « à vecteur » (paludisme, dengue, fièvre jaune) trouveront de nouveaux terrains d’expansion dans des zones jusqu’alors préservées. Selon le CNRS, dans 50 ans, 60% de la population mondiale pourrait vivre dans des zones affectées par le paludisme(9).

150 000 morts par an dus aux changements climatiques !
C’est ce qu’affirme l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS), dans un rapport rédigé par Jonathan Patz (Université du Wisconsin). L’OMS estime que c’est le tribu payé par les populations soumises au développement de maladies tropicales, comme le paludisme. Ce chiffre pourrait doubler d’ici 2030.

ours-polaire.jpg

L’extinction de masse d’espèces :
L’évolution des espèces est un processus lent. De nombreux animaux et végétaux pourraient disparaître faute de temps pour s’adapter ou migrer face au changement trop rapide des conditions climatiques.
Une étude parue en janvier 2004 dans la revue scientifique Nature affirme qu’au rythme actuel, le changement climatique pourrait provoquer la disparition de plus d'un million d'espèces d'ici 2050 : entre 15 et 37 % des espèces terrestres de la planète seraient ainsi menacées d'extinction. Les études scientifiques ont établi que des centaines d’espèces sont déjà en train de réagir aux changements climatiques : ces animaux et ces plantes modifient leur localisation, leurs comportements et leurs rythmes biologiques.
Plus d'infos sur l'ours polaire sur le site de Greenpeace Etats-Unis: http://www.greenpeace.org/usa/news/global-warming-it-s-th...

60.000 grues cendrées ont hiverné en France en 2000-2001,
ce qui n’avait jamais été observé auparavant. Des espèces migratrices hivernant en Afrique du Nord restent désormais en Europe : sternes, hirondelles, milans noirs… Depuis quelques décennies, certaines populations d’oiseaux d’Europe Centrale ne migrent plus vers le Sud, mais vers le Nord-Ouest, pour passer l’hiver en Grande-Bretagne ou en France !


Notes:
1. Le GIEC a été crée en 1988 par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et l’Organisation Météorologique Mondiale. Il rassemble plus de 2500 experts pluridisciplinaires issus de tous les pays représentés à l’ONU. Les conclusions de ses rapports (1990, 1995, 2001) font l’objet d’un consensus mondial.
2. Human Contribution to the European Heatwave of 2003, Peter A. Stott, D. A. Stone & M. R. Allen, Nature, Vol 432, 2 déc 2004.
3. Météo France estime que dans les décennies à venir, les canicules seront 5 fois plus fréquentes en France, les précipitations en hausse de 15 à 20% en hiver surtout dans les Cévennes, le sud du Massif central et le sud des Alpes.
4. D’après le rapport de la New Economics Foundation, Environmental Refugees: The Case for Recognition, Sept 2003
5. Simulation réalisée par les climatologues américains du National Océanic and Atmospheric Administration (NOAA).
6. Mass Balance of the Cryosphere, dirigé par les Docteurs Jonathan Bamber et Anthony Payne, de l’Université de Bristol Cambridge University Press, Janvier 2004
7. ACIA , 2004
8. D’après le rapport Impacts of Europe’s changing climate de l’Agence Européenne de l’Environnement, 2004.
9. D’après le groupe de recherche “climat et santé” du CNRS.

04 avril 2009

Pourquoi nous, étudiants?

groupe-de-jeunes-solar-generat-2.jpg

Nous, les étudiants d’aujourd’hui, sommes la génération qui subira les premiers impacts dévastateurs irréversibles du réchauffement de notre planète si nous n’agissons pas au plus vite. Mais c’est aussi nous qui avons le pouvoir de changer les choses !

Par notre action et notre mobilisation, nous pouvons démontrer que d’autres choix énergétiques respectueux de l’environnement sont possibles.

En s’engageant sur nos campus, nous pouvons faire admettre les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique comme étant les solutions porteuses d’avenir et ce faisant, pousser les décideurs à enfin prendre les décisions courageuses qui s’imposent.

Faites de votre campus un Campus Vert : pour montrer l’exemple aux autres étudiants et faire entendre la voix des jeunes d’aujourd’hui qui, conscients du défi que représente le réchauffement climatique, décident de ne plus attendre les bras croisés!

03 avril 2009

Une campagne internationale

groupe-de-jeunes-solar-generat.jpg

Initiée par Greenpeace en 2003 en Allemagne et en Suisse comme un nouveau volet de sa campagne Climat, la campagne Solar Generation a rapidement provoqué un engouement général et s’est étendue en 2004 à la France, les Etats-Unis, les Philippines, la Chine, l’Inde…

Elle est maintenant présente dans 13 pays dans le monde entier, et en 2006 de nouveaux groupes vont rentrer dans l’aventure !

La campagne Solar Generation est déclinée de façons différentes selon les pays, fortement axée sur la sensibilisation ou au contraire orientée sur la pratique (comme en Suisse où des jeunes de 12 à 24 ans installent directement des panneaux solaires…), à destination des lycéens ou des étudiants…

Quelques succès…


En Suisse, en août 2005, le 111ème camp solaire a eu lieu à Brienz/Vazerol !
Encadrés par des professionnels, une vingtaine de jeunes de nationalités différentes - suisses, allemands,  2 français mais aussi une  participante venue des philippines ! - se sont retrouvés pendant une semaine à Vazerol, dans le canton des Grisons, pour installer 300 m2 de panneaux photovoltaïques (42kWc) sur le toit d’une ferme et construire 16 collecteurs solaires thermiques pour la distribution d’eau chaude sanitaire. Tout ça dans une ambiance conviviale et solaire bien sûr : cuisine solaire pour la préparation des repas, chauffage solaire de l’eau des douches et soirées autour de feux de camp !
L’installation  a été inaugurée en présence de nombreux habitants des communautés voisines, du préfet local et du directeur de GP Schweiz,  et les premiers kilowatts de courant « solaire » ont été réinjectés dans le réseau local.

En Australie, grâce à la mobilisation collective des étudiants, le Président de l’Université de Monash a officiellement pris l’engagement de changer la politique énergétique du campus:
- réduction de 20% de la consommation énergétique sur le campus ;
- mise en place d’un « fond pour une énergie propre » : le budget dégagé par la réduction de la consommation énergétique, en plus de l’argent provenant de dons et de sponsors, sera placé dans ce fond, soit environ 500 000 à 1 million de dollars par an, qui sera investi dans l’installation d’énergies renouvelables ;
- installation d’énergies renouvelables sur le campus l’année prochaine.
Après la victoire à Monash, les Universités de Sydney et de Newcastle sont maintenant engagées dans le même processus et les étudiants espèrent obtenir des résultats concrets dès l’année prochaine !

02 avril 2009

Première étape : Solar Generation 2004

bonn-2004-2.jpg

En 2004, 59 associations étudiantes ont commencé à se mobiliser dans la lutte contre le réchauffement climatique à travers la campagne Solar Generation. Elles ont organisé sur leur campus de nombreux événements pour informer et sensibiliser l’ensemble des étudiants aux changements climatiques, leurs impacts, et les solutions à apporter.

Expositions, débats, conférences, tenue de stands, affichage...etc ont animé les campus de 29 villes universitaires.

La campagne a démarré sur les chapeaux de roue:
Elle a trouvé un écho auprès de 200 000 étudiants, soit près de 10 % des étudiants français!

Deux temps forts ont rythmé cette première phase :

Le “Solar Bar” est parti en tournée dans les facs entre le 27 avril et le 7 mai 2004. Equipé de ses panneaux solaires et configuré comme un bar classique, ce bar mobile, fier de son indépendance énergétique, a créé l’événement sur 6 campus. Dans une ambiance conviviale, les étudiants ont pu trouver des réponses à leurs questions (en particulier aux plus basiques qu’ils n’osent pas forcément poser dans des contextes plus formels) et voir directement un application concrète de l’énergie solaire (pour beaucoup, c’était tout simplement la première fois qu’ils voyaient des panneaux solaires).

Plus institutionnel, l’envoi d’une délégation d’étudiants français à la première Conférence intergouvernementale sur les énergies renouvelables à Bonn du 1er au 4 juin 2004 a montré directement aux responsables politiques combien les problématiques énergétiques et environementales préoccupent les jeunes.
Pendant ces 4 jours, 80 jeunes de 18 à 24 ans venant de 11 pays ont uni leurs forces pour peser sur cette conférence et rappeler les véritables enjeux de la négociation : amorcer une nouvelle ère énergétique dont les énergies renouvelables sont les piliers.  

La délégation d’étudiants français a été l’une des rares à rencontrer “son” Ministre de l’Environnement pour le questionner et l’encourager.

01 avril 2009

Deuxième étape : Solar Generation 2005-2007

20050913_expeglacier_banner.jpgObjectif de cette deuxième phase : passer à l’action !

L’Opération Campus Vert, va maintenant permettre aux associations étudiantes déjà impliquées dans la campagne d’aller plus loin pour passer à l’action dans leurs établissements, tout en maintenant un haut niveau de sensibilisation et d’information sur les campus.

Les étudiants se mobilisent à travers deux axes d’action sur leurs campus :
- Réduire la facture énergétique du campus
- Promouvoir l’installation d’énergies renouvelables et/ou opter pour un fournisseur d’électricité verte.

10 Campus-pilotes ont été sélectionnés en décembre 2005 pour devenir les leaders de la campagne et servir d’exemple à tous les campus français.

Par ailleurs, les associations étudiantes motivées peuvent rejoindre ce mouvement et participer elles aussi à l’Opération Campus Vert en passant à l’action sur leurs campus, pour faire de leurs campus les futurs Campus Verts ! (Voir rubrique Campus-copilotes)
Elles permettront de mettre en place un vrai réseau d’étudiants engagés s’échangeant des informations et attirant toujours plus de nouvelles associations dans le mouvement sur les campus qui chaque jour se joignent plus nombreux à la “génération solaire”.

En 2005, 2 événements d’envergure :


- Du 6 au 13 octobre : 5 étudiants de la campagne Solar Generation ont participé à une expédition de 3 jours sur un des plus grands glaciers français, la Mer de Glace, à Chamonix pour témoigner de la fonte des glaciers alpins, un des impacts les plus visibles du réchauffement climatique dans notre pays.
Accompagnés d’un guide de haute montagne, d’un glaciologue et d’un vidéaste, ils ont collecté des images montrant le recul du glacier ces dernières années et interrogé sur place des habitants de villages environnants, des anciens guides de montagne et des scientifiques qui ont apporté leurs différentes expériences du sujet pour mettre en image le message: “Faites vite, ça fond ! Sauvez le climat : agissez maintenant!
Cette expédition s’inscrit dans un projet international de Greenpeace : dans les différents pays relayant la campagne, les jeunes se sont rendu directement sur les lieux des impacts locaux pour les documenter (en Inde,la baisse des stocks de poissons et l'érosion du littoral à cause de la montée des eaux (côte de l'Orissa); en Australie, assèchement de la Murray River; en Allemagne les inondations dans le Sud...).
Les témoignages et images ainsi collectés ont été montés et projetés aux délégués des états présents à la conférence de Montréal (28 nov-9 déc), afin d’appuyer le message des étudiants Solar Generation présents à la négociation.

- Du 28 novembre au 9 décembre les délégués des états signataires de la Convention Cadre de l’ONU sur les Changements Climatiques se sont rencontrés à Montréal pour faire le point sur les avancées de la mise en œuvre de ses dispositions visant à empêcher les changements climatiques dangereux. Cette conférence est un rendez-vous annuel depuis la Conférence de Rio en 1992, et elle a fait particulièrement l’événement cette année car elle était doublée de la première réunion des états ayant ratifié le Protocole de Kyoto (entré en vigueur le 16 février dernier). Elle a été l’occasion de démarrer les négociations sur Kyoto 2 (l’après 2012).

2 étudiants ayant participé à l’expédition glaciers, Joël et Gaétan, ont eu la chance de se joindre à l’équipe de Greenpeace international pour prendre part à cette négociation : ils ont pu assister à certaines des sessions plénières, faire du lobbying dans le centre de conférence, participer aux activités organisées par Greenpeace et les autres ONG pour attirer les médias et faire pression sur les représentants des états pour qu’ils entendent enfin la voix des jeunes et s’engagent à prendre des mesures concrètes pour lutter contre les changements climatiques !

Malgré les tentatives de sabordage de l’administration Bush, cette négociation a été un succès et le protocole de Kyoto a franchit une étape historique!

Toutes les notes