26 octobre 2009
350.org: une belle journée d'action pour le climat
source: http://www.lemonde.fr
Climat : les gouvernements sont appelés à agir
Comment mettre la pression sur les gouvernements pour obtenir un accord à la hauteur des enjeux lors de la conférence sur le climat de Copenhague, qui aura lieu du 7 au 18 décembre ? Faute de réussir à mobiliser en masse les populations, les militants écologistes se tournent vers d'autres formes d'action.
Samedi 24 octobre, à l'appel de la campagne 350.org, ils ont organisé un relais planétaire pour attirer l'attention des médias et des hommes politiques. Actions éclair de quelques minutes enchaînées dans le temps, du Groenland à l'Antarctique en passant par Almaty (Kazakhstan) ou Kinshasa (République démocratique du Congo). Samedi soir, le site Internet de la campagne revendiquait 5 242 événements, organisés dans 181 pays.
Le coup d'envoi a été donné en Australie où, sur les marches de l'Opéra de Sydney, le site le plus visité du pays, plus d'un millier de personnes se sont retrouvées, toutes habillées en bleu. Certaines, parapluie à la main, ont formé le 350 du slogan de ralliement. "350 parties par million, c'est la concentration de CO2 dans l'atmosphère qui est supportable. Le message est difficile, mais il est temps que les gens se mettent à comprendre les données scientifiques", explique Blair Palese, porte-parole de la manifestation.
A travers le pays, deux cents événements ont été organisés. Les associations espèrent infliger ainsi une piqûre de rappel au gouvernement travailliste. "On l'a élu pour agir pour l'environnement, et, en deux ans, il n'a pas fait grand-chose", déplore Blair Palese.
En Inde, entre 500 et 600 étudiants des universités de New Delhi ont formé une chaîne humaine en forme de cinq devant le Fort rouge de la capitale. Un chiffre qui - assemblé aux "3" et aux "0" construits ailleurs dans le monde - formera le "350".
Dans une ambiance festive, tous les participants étaient venus rappeler "l'urgence de passer à l'action pour protéger le climat". "En Inde, les glaciers de l'Himalaya fondent déjà sous l'effet du réchauffement climatique, et nous venons de vivre la plus grande sécheresse de ces dernières décennies. Comment ne pas avoir peur pour notre futur ?", s'inquiète Pritish Amdore, étudiant en sciences politiques.
A Paris, à 12 h 18 précise, en référence au 18 décembre, jour de clôture du sommet de Copenhague, un concert de réveils, de casseroles et de sifflets a été donné sur la place de la Bourse pour "réveiller" les hommes politiques, en tête desquels Nicolas Sarkozy. Mais moins de trois cents personnes avaient bravé la pluie pour faire entendre le message. Pour la plupart des jeunes, déjà très impliqués dans le combat pour le climat, comme Alexandra Luciani, 24 ans, de Solargeneration, une association étudiante qui milite sur les campus : "C'est notre avenir qui se joue. Il faut agir maintenant. Nous demandons au gouvernement de prendre ses responsabilités pour que notre génération n'ait pas à payer pour des erreurs qui ne sont pas les siennes", explique-t-elle.
Au Canada, un drôle d'ours polaire avait migré de l'Arctique jusqu'à Ottawa pour venir manifester devant le Parlement, vêtu d'un tee-shirt "Sauvons les humains". Il était entouré de quelque trois cents personnes venues exiger du premier ministre, Stephen Harper, qu'"il reprenne le leadership dans la négociation climatique".
A Montréal, une "cacophonie de Stephen Harper" a été donnée pendant 350 secondes. "On a fait du bruit parce que M. Harper est le pire joueur dans la lutte contre les changements climatiques, commente un participant. Il n'a aucun plan d'action ni cible sérieuse pour le Canada et ralentit les négociations."
Imaginée par Bill McKibben, un écologiste américain, 350.org reprend à son compte la mise en garde lancée par James Hansen, célèbre climatologue de la NASA, qui estime que la concentration de CO2 dans l'atmosphère ne doit pas dépasser 350 parties par million (ppm) sous peine d'exposer l'humanité à de graves catastrophes.
La concentration actuelle atteint 387 ppm (au lieu de 270 à l'ère préindustrielle) et les négociations internationales visent à stabiliser les niveaux de CO2 à 450 ppm, ce qui correspondrait à un réchauffement de 2 °C d'ici à la fin du siècle, en se basant sur le rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) de 2007. James Hansen fait partie des 350 messagers de la campagne, avec notamment l'archevêque sud-africain - et Prix Nobel de la paix - Desmond Tutu et le président des Maldives, Mohamed Nasheed. Le président du GIEC, l'Indien Rajendra Pachauri, figure également parmi eux. "En tant que président du GIEC, je ne peux pas prendre position, car le GIEC ne fait pas de recommandations. Mais quand je regarde ce qui est en train de se passer et ce qui va probablement arriver, je ne peux, à titre personnel, que soutenir cet objectif", reconnaît-il.
Les petits Etats insulaires, les plus exposés aux conséquences des dérèglements climatiques, se sont aussi alignés sur cette revendication qui semble pourtant quelque peu utopique dans le contexte d'enlisement des négociations. Et peut-être trop technique pour parler au-delà du cercle des initiés.
14:09 Publié dans L'actualité de Solar Generation France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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