17 décembre 2009

J - 12 : Quand serons-nous enfin écoutés?

Il ne reste que quelques heures avant que la conférence de Copenhague ne touche à sa fin. Ici, le moral est au plus bas, les ONG se sentent démunies. Comment se faire entendre, quel message envoyer aux dirigeants, comment accepter d'être mis de côté et de devoir attendre en silence une décision que l'on sait d'avance médiocre?

Les jeunes hier ont joué leurs dernières cartes. Pour les quelques-uns qui ont enfin pu avoir accès au Centre de Conférence, un sit-in qui a duré jusqu'à tard dans la nuit a été organisé. Les forces de sécurité n'ont pourtant pas hésité à leur faire progressivement sortir, plus ou moins délicatement. Le centre de conférence est quasiment vide. Aujourd'hui, seulement 1000 accréditations ont été accordées à l'ensemble des ONG présentes, seulement 1000 personnes pour nous représenter devant le monde entier et tenter de faire comprendre aux chefs d'Etat qu'ils décident de l'avenir de l'humanité.

Ici, les convois de police sillonnent la ville en permanence. Les hélicoptères font des rondes dans le ciel, les sirènes résonnent même à 3h du matin. Les manifestations se multiplient. Les ONG se sont regroupées près de la gare centrale, dans les locaux du forum alternatif qui avait lieu en même temps que la COP15: le Klimaforum.

Depuis minuit hier, Climate Justice Fast organise 24h de jeûne mondial de solidarité. Le message est clairement et directement adressé à nos leaders mondiaux: nous sommes prêts à nous sacrifier. A vous de faire de même.

Ces chefs d'Etat, élus par le peuple, ne daignent maintenant plus nous écouter. A l'image du message scandé par l'ensemble de la communauté de jeunes depuis hier: "Vous ne pouvez pas décider de notre futur sans nous".

La déception et le découragement s'affichent sur tous les visages. On ne sait plus quel moyen utiliser pour faire passer le message, pour faire comprendre la nécessité, l'urgence, d'un accord ambitieux, chiffré, équitable, légalement contraingant, MAINTENANT. On ne sait plus comment recentrer le débat sur le fonds plutôt que sur les heurts qui ont lieu dehors. On ne sait plus comment faire prendre conscience aux dirigeants de leur responsabilité face aux générations futures.

Et on a peur ici. Oui la peur est partout. Des mois, des années de travail, par les ONG, par la société civile. des milliers de personnes mobilisées, pas seulement ici mais partout dans le monde. Des tonnes d'actions mises en oeuvre, de lettres rédigées, d'interviews données, d'espoirs. Pour quoi? Pour que des propositions bancales, vieilles de l'année dernière, et à des kilomètres des exigences scientifiques, reviennent sur la table?

Les pays les plus vulnérables sont les plus desespérés de cette situation intenable. Sans le soutien des ONG à l'intérieur, qui va garantir qu'ils ne se feront pas tout simplement avaler par les géants pays industrialisés?

Demain, ce sera notre dernière chance. Malgré le froid, malgré la neige, la fatigue, le découragement, nous serons tous devant le Bella Center. Nous jouerons tous nos dernières cartes. Main dans la main, nous encerclerons le centre de conférence, tentant d'empêcher nos dirigeants d'en sortir tant qu'une vraie décision ne saurait être prise. Et jusqu'au bout, nous nous battrons contre le greenwashing et pour que la réalité de ces négociations soit connue de tous. C'est un bien triste épisode dans l'histoire internationale: la démocratie a été bafouée, et l'humanité condamnée en faveur de considérations économiques et nationales...

Commentaires

J'ai vraiment du mal a comprendre... Si une telle conférence a lieu avec plus de 100 chefs d’état c'est bien qu’un problème majeur est reconnu et que les gens ont été écoutés, via un tas de processus pour la plupart démocratiques, non ? J'ai l'impression que beaucoup de dirigeants se sont engagés ; une reculade serait d'ailleurs très mal prise par leurs électeurs. Alors pourquoi vouloir mettre le souk, ça sert à quoi… Pour moi c'est du sabotage pur et simple.

Ecrit par : Jean-Marie | 17 décembre 2009

Ne despérez-pas si tot,la prise de conscience de nos dirigeants ne se fera peut etre pas encore cette fois mais ils y viendront tous contraints et forçés,meme les americains quand leur propre pays sera atteint. Ne vous mettez pas en danger pour eux.Vous avez raison et l'avenir nous le prouvera forcément.Gardez espoir.

Ecrit par : den | 17 décembre 2009

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